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Dimanche 21 octobre 2007 à 15 h 00 Par Anne Choquet
Résumé : On dit souvent que l’Antarctique appartient à tout le monde et que n’importe quel pays peut y construire une station scientifique. Mais n’y a-t-il pas un petit bout de France au milieu de ce continent qu’on appelle Terre Adélie ? On dit aussi que seuls les scientifiques peuvent aller en Antarctique. Pourtant, sur les catalogues des agences de voyage figurent des croisières au large de la péninsule antarctique. Qu’en est-il vraiment ? Qui a raison ? Personne et tout le monde. Tout est question de nuance. En fait, l’Antarctique est un espace à part, unique. Il est, pour certains, un espace international, pour d’autres, un espace approprié. De même, consacré à la paix et à la science, il n’est pas pour autant réservé aux seuls scientifiques. L’Antarctique est loin d’être l’espace de liberté auquel on l’associe. Les Etats ont choisi une non-solution aux questions territoriales nées de l’appropriation de la région par sept Etats, dont la France. Ils ont également établi une réglementation contraignante, notamment en matière de protection de l’environnement. Alors que l’Antarctique est convoité de toute part à des fins économiques, il importe de voir en quoi la question de l’appropriation territoriale reste primordiale tant elle constitue le pilier de toute réglementation en Antarctique. Anne Choquet est docteur en droit et enseignante à l’Université de Bretagne Occidentale. Spécialiste du droit de l’Antarctique et des îles subantarctiques, elle est, depuis 2001, membre de la délégation de la France aux réunions des Etats parties consultatives au Traité sur l’Antarctique. Film : « Le Dessous des Glaces de l’Antarctique», documentaire de Jean-Philippe Victor (10 mn), réalisé par Philippe Truffault. Le Dessous des Cartes / ARTE 2007. Dimanche 25 novembre 2007 à 15 h 00 Par Michel Maurette
Résumé : Des micrométéorites antarctiques «géantes», de tailles comprises entre 0,1 et 0,4 mm, ont été exploitées pour décrypter notre passé le plus reculé, dans l’Hadean, au delà de 4 milliards d’années. C’est pendant cette période encore très mystérieuse, que la jeune Terre et sa Lune ont été soumises à un bombardement massif-précoce d’une intensité inouïe, par des corps de toutes tailles, comprises entre celle de Mars et le millième de mm. En utilisant à la fois les micrométéorites antarctiques et d’autres vestiges uniques de notre passé reculé (météorites; vieux zircons australiens; cratères d’impact lunaires; composition chimique et isotopique de l’atmosphère terrestre; et teneurs en souffre et en iridium du manteau terrestre), nous nous sommes convaincus que la tempête de micrométéorites déclenchée pendant le bombardement massif précoce conduisit à la formation de l’atmosphère terrestre et ouvrit de nouvelles voies de synthèse dans la chimie prébiotique, qui donna naissance aux biopolymères géants de la vie pré-cellulaire, et donc à la vie. Michel Maurette est directeur de recherches émerite au CNRS. Depuis 1982, il s’est consacré à l’étude des micrométéorites. Il a conduit une dizaine d’expéditions en Antarctique et au Groenland pour collecter ces fragments de corps célestes. Film : « Chasseurs d’étoiles», documentaire en couleurs de 36mn, écrit et réalisé par Martin Figere, 1994; produit par France 2, MC4, Calypso et CNRS AV; avec la participation du CNC, du Ministère de la Recherche et de la Technologie, et de l’Association Expéditions polaires françaises. Dimanche 18 décembre 2007 à 15 h 00 Par Stéphane Dugast et Xavier Desmier
Résumé : 70 ans après les séjours de l’explorateur polaire français au Groenland, Stéphane Dugast et Xavier Desmier ont revisité cette région du monde proche du cercle polaire dont la population fut isolée et méconnue des autres hommes jusqu’à la fin du XIXe siècle. Pendant l’hiver 2006, ils ont sillonné la région d’Ammassalik, comme jadis, en traîneaux à chiens, en bateau ou à pied sur la banquise, dans les fjords ou les villages, et sont allés à la rencontre de la société inuit en pleine mutation. En été 2006, en compagnie de Stéphane Victor, l’un des fils de l’explorateur, ainsi que d’un cameraman, l’équipe est partie à la recherche des lieux de séjours de Paul-Émile Victor et des témoins de cette époque. En partageant le quotidien des derniers chasseurs nomades du Groenland oriental, les quatre se sont immergés au coeur de la société inuit et ont été confrontés aux réalités contemporaines d’une civilisation totalement bouleversée. Stéphane Dugast est journaliste et réalisateur de films documentaires. Il multiplie les enquêtes sous toutes les latitudes depuis 1999. Xavier Desmier est photographe. Il a travaillé pendant plusieurs années avec les équipes Cousteau et a fait de nombreux séjours en milieu polaire notamment aux côtés de Jean-Louis Etienne lors de ses missions « Antarctica » ou dans l’archipel austral de Crozet. Film : « Dans les pas de Paul-Emile Victor», documentaire de 52 mn, réalisé par Stéphane Dugast, écrit par Sophie Lorant et Stéphane Dugast et produit pas Méchant loup Productions. Avec la collaboration du Fonds d’archives Paul-Emile Victor. Dimanche 27 janvier 2008 à 15 h 00 Par Guy Bordin et Renaud de Putter
Résumé : Le rêve est une expérience par essence individuelle, universelle, mais ce sont les cultures qui à travers le temps et l’espace lui ont donné sens et usage. L’expérience onirique possède la caractéristique d’être inévitable, tout en n’existant pour le rêveur que par son travail de mémoire et pour les « autres » par la narration qu’en fait ultérieurement le rêveur. Le récit du rêve est lui-même culturellement contraint, tant par sa forme que par les contextes de narration, sans oublier qu’au sein d’une même culture, différentes conceptions du rêve peuvent cohabiter. Je présenterai la façon dont les Inuit traitent et ont traité cette expérience en mettant l’accent sur son aspect social, et l’on verra que, contrairement à ce qui se passait autrefois, la pratique narrative des rêves s’est fortement affaiblie. Je m’appuierai sur des données ethnographiques anciennes et récentes dont celles que j’ai recueillies au cours de trois séjours récents à Mittimatalik dans le nord de la terre de Baffin (Nunavut, Canada). Guy Bordin est diplômé en langue et culture inuit de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Paris). Il a effectué de nombreux séjours dans l’Arctique inuit, au Canada (Nunavut) et au Groenland. Il est co-fondateur de l’Espace culturel inuit à Paris et membre du Centre de recherche sur l’oralité de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Paris). Il est titulaire d’un doctorat en ethnologie (université de Paris X-Nanterre) sur les représentations de la nuit chez les Inuit canadiens. Il multiplie les enquêtes sous toutes les latitudes depuis 1999 et réalise des films documentaires. Renaud de Putter est réalisateur. Film : «J’ai rêvé/Sinnaktulauqpunga», de Guy Bordin et Renaud De Putter. Image et son: Guy Bordin et Renaud De Putter. Montage image: Philippe Boucq. Montage son et mixage: Paul Delvoie. Production: GSARA (Bruxelles), 2006, durée: 40 mn, sous-titres français et anglais. Dimanche 2 février 2008 à 15 h 00 Par Isabelle Charrier
Résumé : Comment retrouver son petit dans une colonie de plusieurs centaines d’otaries ? C’est à ce dur problème qu’est confronté une mère otarie pendant les 10 mois de lactation. Chez cette espèce, les mères partent très tôt et très souvent en mer pour se nourrir, et doivent ainsi laisser leur petit dans la colonie. A chacun de leur retour, ils doivent se retrouver parmi les centaines autres individus de la colonie. Dès la naissance, la mère et son jeune échangent des cris, et c’est l’apprentissage des caractéristiques de leur voix respective qui va leur permettre de se retrouver sans ambiguïté dans la colonie. Isabelle Charrier est chargée de Recherche au CNRS dans l’équipe Communications Acoustiques du NAMC (UMR 8620, Université Paris Sud). Elle étudie les relations entre les systèmes de reconnaissances individuelles et les systèmes sociaux chez les Pinnipèdes (Phoques, Otaries et Morses). Ses recherches portent principalement sur les relations mère-jeune, d’abord chez l’otarie subantarctique et depuis 2 ans sur le morse en Arctique. Film : « La pouponnière des otaries », documentaire de 26 mn, écrit par Bertrand Loyer et coréalisé par Bertrand Loyer et Jean-François Barthod,1997. Produit par Saint Thomas Production. Ce film a reçu la mention spéciale du jury du Festival du Film Maritime et d’Exploration,Toulon, 1997. Dimanche 2 mars 2007 à 15 h 00 Par Valérie Masson-Delmotte
Résumé : Les régions polaires sont à la fois des témoins privilégiés et des acteurs clés de l’évolution du climat. Les carottages effectués dans les calottes polaires permettent de connaître l’évolution du climat polaire et la composition de l’atmosphère. L’analyse des glaces de l’Antarctique a permis de décortiquer la manière dont notre planète a basculé de périodes chaudes en périodes glaciaires au cours des derniers 800 000 ans. Les glaces polaires ne sont pas seulement la «mémoire» du climat des régions polaires. Les calottes polaires peuvent réagir au changement climatique avec des conséquences importantes pour la circulation océanique et le niveau des mers. Les carottes de glace prélevées au Groenland permettent ainsi d’étudier l’anatomie des changements climatiques les plus abrupts passés, caractéristiques des climats glaciaires. Valérie Masson-Delmotte est paléoclimatologue, ingénieur au Commissariat à l’Energie Atomique. Après une thèse sur la modélisation du climat, elle travaille à comprendre les mécanismes des changements climatiques passés à partir de l’analyse des glaces polaires et des cernes d’arbres, sur des échelles de temps des derniers siècles aux derniers 800 000 ans. Elle est l’un des auteurs principaux du 4ème rapport de synthèse du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC). Film : « Un été en Antarctique », documentaire de 52 mn, réalisé par Yvon Le Gars, 2006. Produit par Aber Images, USHUAIA TV et TELESSONNE, avec la participation de l’Institut Polaire Français Paul-Emile Victor.
Dimanche 20 avril 2008 à 15 h 00 Par Christophe Guinet
Résumé : Les orques, mais aussi les cachalots et les otaries fréquentent les eaux côtières des îles Crozet et Kerguelen situées au sud de l’Océan Indien, mais depuis une quinzaine d’années une nouvelle pêcherie s’est développée. Elle cible au moyen de palangres posées entre 800 et 1200 m de fond la légine australe, un poisson gras qui fait le délice des consomateurs asiatiques. Hormis le cachalot prédateur naturel de ce poisson, orques et otaries ne peuvent consommer ce poisson que lors de la remonté des lignes. Orque, otaries et cachalots ont vite apris à tirer partie de cette nouvelle opportunité et c’est maintenant près de 33 % de la légine pêchée qui est ainsi prélevée avant d’arriver à bord du bateau par ces prédateurs. Christophe Guinet est chargé de recherche au CNRS au Centre d’Etudes Biologiques de Chizé. Il a étudié l’écologie comportementale des orques lors d’un séjour d’un an en Colombie britannique, puis de trois ans dans l’archipel Crozet. C. Guinet a effectué 12 missions dans les terres australes. Lui et ses étudiants étudient les processus de déprédation (ou retrait de poissons capturés) des lignes de pêche par les orques et les cachalots et essaye d’identifier avec les pêcheurs comment réduire cette déprédation mais aussi la mortalité accidentelle d’oiseaux associées à l’utilisation des palangres Film : « Cachalot, les secrets du grand noir», documentaire de 52mn, écrit et réalisé par Bertrand Loyer, 2005, produit par Saint Thomas Productions, Canal +, Discovery, NDR/ Studio Hamburg. Ce film a reçu les récompenses suivantes : Festival International du Film Animalier- Missoula, Montana, USA, 2006 ; Prix Spécial pour la Qualité de l’Image Sous-marine Festival Mondial de l’Image Sous-marine, Antibes, France, 2006 ; Prix du documentaire animalier
Dimanche 18 mai 2008 à 15 h 00 Par Madeleine Griselin
Résumé : 60 jours à ski sur la banquise, 600 kms parcourus, c’est l’exploit qu’ont accompli de février à mai 1986 huit femmes françaises et canadiennes. Elles sont parties du Spitsberg, en direction du Pôle Nord, afin d’étudier la dérive des glaces à l’aide de balises Argos déposées en travers du courant de dérive transpolaire. L’étude de l’environnement polaire fut doublée d’un programme très complet d’étude des réactions médicales et psychologiques de la femme dans cet environnement. Une fantastique expérience humaine que ce défi contre la dérive des glaces polaires et ce huis-clos sur la banquise. De leur aventure au service de la Science, elles ont rapporté de superbes images rassemblées en un montage audiovisuel, présenté par Madeleine Griselin, chef de l’expédition. Pendant deux heures on revit leur aventure, gagnant avec elles, mètre par mètre, les kilomètres de banquise. Madeleine Griselin est géographe, directeur de recherche au laboratoire ThéMA (Théoriser pour modéliser et aménager) de Besançon (CNRS et université de Franche-Comté). Elle dirige le GDR « Mutations polaires » qui regroupe une trentaine de chercheurs travaillant sur l’Arctique. Elle a organisé et dirigé de nombreuses missions en Arctique. Film : « Des femmes pour un pôle », écrit par Madeleine Griselin et Huguette Vivin (†); produit par l’association «des femmes pour un pôle» devenue association Science en marche»; durée : 2 partie de 50 minutes. Ce documentaire a reçu le premier prix du jury et le premier prix du public des Rencontres Voyage et Aventure de Saint-Etienne 1987, ainsi que le Grand Prix Kodak et le Prix Presse du meilleur reportage de la Coupe d’Europe de Diaporama d’Epinal 1987. Dimanche 15 juin 2008 à 15 h 00 Par Vincent Coudé du Foresto
Résumé : Sommes-nous seuls dans l’univers? Cette question hante la conscience humaine depuis la nuit des temps, mais en ce début de XXIe siècle les réponses semblent être enfin à portée de télescope. Nous sommes tout près en effet de pouvoir détecter des exoterres : des planètes ressemblant à la Terre autour d’étoiles semblables au Soleil. C’est pour répondre à cette question millénaire que l’Europe et les Etats-Unis envisagent dans les vingt ans à venir de grandes missions spatiales. Mais une partie des réponses pourrait déjà venir depuis le haut plateau Antarctique, un des lieux les plus isolés du monde. Au cœur du continent blanc, loin des côtes et des tempêtes, les conditions d’observation sont proches de celles de l’espace : le ciel est clair au moins 300 jours par an, plus sec et plus cristallin que partout ailleurs. Vincent Coudé du Foresto est astronome à l’Observatoire de Paris, spécialiste de l’instrumentation astronomique, développant des techniques nouvelles pour scruter les étoiles et leur environnement. Après avoir participé à la mise en service de l’interféromètre du Very Large Telescope européen au Chili, il s’investit maintenant dans le développement de l’astronomie. Film : « Mission Concordia, les extraterrestres», de Pacôme LEMAT et Fabien TORMOS (52 mn). A 17 000 Km de la France, au cœur de l’Antarctique, douze hommes et une femme réalisent le premier hivernage européen à l’intérieur du continent. Pendant 12 mois à 3 400 m d’altitude et par -75 c°, les treize hivernants vivent dans les 1 600 m2 de la base scientifique Concordia.
Gérard Jugie © 2007- Le Cercle Polaire - Tous droits réservés |














