Un emblème de l’Antarctique, terre de paix et de science

en partenariat avec

« Il est temps de remplacer les drapeaux nationaux qui flottent sur les bases en Antarctique par un emblème commun»

Aant Eltzinga, ancien professeur à l’Université de Gothenburg, Suède.

Le think tank le Cercle Polaire invite l’école Penninghen à concevoir un emblème de l‘Antarctique. Introduit par une série de conférences présentant l’histoire et les enjeux de l’Antarctique, continent recouvert de glace, enserré par un océan et n’appartenant à personne. « Notre terre à tous (Our common home) », avait déclaré l’ancien Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ; d’où l’initiative qui en découle de proposer la création collaborative d’un drapeau pour ce vaste territoire au statut juridique unique gérée par la communauté internationale.

Dans un contexte diplomatique réunissant 58 États, la création de cet emblème constitue le premier volet d’une action pédagogique et politique à l’adresse de la jeune génération. A l’initiative de l’association Le Cercle Polaire et de l’école Penninghen, l’action pourra être reprise successivement par d’autres établissements d’enseignement supérieur des pays membres du réseau Cumulus donnant ainsi corps à l’idéal de reconnaissance internationale de cette « terre de paix et de science ».

 Le pôle Sud représente une zone consacrée à la recherche scientifique et un espace privilégié de coopération internationale. Espace démilitarisé, l’Antarctique est également soustrait à toute appropriation territoriale, même si sept pays dont la France, revendiquent une portion de ce territoire. De nombreuses stations scientifiques y sont installées sur lesquelles flottent les emblèmes nationaux des différents pays présents.

Sous l’effet du changement climatique, de l’évolution de la donne énergétique et de l’émergence d’un nouvel ordre mondial multipolaire, les hautes latitudes, zones naturelles parmi les plus préservées de notre planète, font l’objet d’un positionnement stratégique de plus en plus marqué de la part de certaines puissances. En tant que zone internationalisée, on pourra s’étonner que la communauté internationale n’ait jamais pris l’initiative de se doter d’un emblème universel pour affirmer cette dimension supranationale par-delà la multiplicité des emblèmes nationaux.

Élaborer un emblème de l’Antarctique représente dans l’époque actuelle un réel enjeu et un symbole politique fort. Cela traduit une volonté de donner une expression graphique unifiée et universelle à la planète, par-delà les égoïsmes nationaux.

 Le sixième continent est la manifestation de ce qui ne nous appartient pas tout en étant le reflet de nos actions passées, présentes et futures.  Comme l’a si bien exprimé l’explorateur français Jean-Louis Etienne : « L’Antarctique n’est pas un continent pour l’homme. C’est un continent pour la Nature ».

Gilles Poplin, directeur de l’école Penninghen et Laurent Mayet, président du Cercle Polaire

CONTEXTE INTERNATIONAL

L’Antarctique, dernières terres et mers vierges de notre planète, bénéficie d’un régime juridique international unique en son genre (le système du traité sur l’Antarctique ou « STA ») qui le soustrait à toute appropriation nationale et le préserve de toute exploitation minière. Revendiqué historiquement par sept États dits « possessionnés », le traité sur l’Antarctique de 1959 a gelé ces prétentions territoriales au profit d’une gouvernance internationale. Le protocole de Madrid signé en 1991 déclare la zone du traité sur l’Antarctique (au-delà de la latitude 60° Sud) : « réserve naturelle consacrée à la science et à la paix ».

Ce vaste espace naturel est géré en commun par (à date) 58 États et le traité sur l’Antarctique reste ouvert à tous les Etats intéressés. Zone internationalisée, l’Antarctique n’appartient donc à personne et l’on pourra s’étonner que la communauté internationale n’ait jamais pris l’initiative de doter l’Antarctique d’un emblème universel pour affirmer cette dimension supranationale par-delà la multiplicité des emblèmes nationaux. Ainsi que l’avait déclaré il y a quelques années, le philosophe suédois Aant Eltzinga, professeur à l’Université de Gothenburg : « Il est temps de remplacer les drapeaux nationaux qui flottent sur les bases en Antarctique par un emblème commun. »

UN EMBLÈME DU TRAITÉ SUR L’ANTARCTIQUE

À défaut d’avoir triomphé des nationalismes larvés ou déclarés en Antarctique et affirmer la dimension internationale de la zone Antarctique, les Parties au traité sur l’Antarctique se sont rabattues sur la solution diplomatiquement neutre, d’un emblème de l’organisation internationale du traité sur l’Antarctique, ou plus précisément un emblème du secrétariat permanent du traité sur l’Antarctique, installée à Buenos Aires en Argentine.

L’utilisation de ce drapeau résulte de l’article 7 de l’accord de siège négocié avec l’Argentine. Le drapeau est dérivé de l’emblème STA adopté à Varsovie (25ème RCTA, 10-20 septembre 2002) à l’initiative du Royaume-Uni, à l’occasion de laquelle un drapeau a été officiellement adopté comme « emblème formel du traité sur l’Antarctique » (décision 2, 2002). Ce drapeau montre une carte du continent antarctique en blanc sur un arrière-plan bleu marine (RGB : 000-051-102. CMYK : 100-56-0-34. Pantone 295C) avec la latitude principale et les lignes longitudinales superposées.

Emblème du secrétariat du traité sur l’Antarctique.
Source : https://fr.no1flag.com/info/antarctic-treaty-flag-20747011.html

Certains avancent que cet emblème est aujourd’hui reconnu comme un emblème de l’Antarctique et pas seulement, de l’organisation du traité, mais cette déclaration cache mal la difficulté que la communauté internationale des États Parties au traité sur l’Antarctique éprouve pour mettre en partage une lecture commune et non ambigüe de la dimension internationale de la zone du traité sur l’Antarctique. Il faut dire que l’article IV du traité sur l’Antarctique consacre une ambiguïté ou une ambivalence :

« Aucune disposition du présent Traité ne peut être interprétée : […] comme portant atteinte à la position de chaque Partie Contractante en ce qui concerne la reconnaissance ou la non-reconnaissance par cette Partie, du droit de souveraineté, d’une revendication ou d’une base de revendication de souveraineté territoriale de tout autre État, dans l’Antarctique » (Traité sur l’Antarctique, Article IV, 1.c)

OBJECTIFS DU PROGRAMME « UN EMBLÈME POUR L’ANTARCTIQUE »

  • Créer les modalités d’élaboration d’un emblème de l’Antarctique
  • Donner un titre à l’action
  • Développer un symbole de l’Antarctique qui dépasse les particularismes culturels et linguistiques des 58 Parties au traité sur l’Antarctique, pour tendre vers une représentation de portée mondiale ou universelle.
  • Rédiger un manifeste nourri par l’étude en appui à cette vision de l’Antarctique, “notre terre à tous”
  • Rédiger un communiqué de presse (argumentaire)
  • Concevoir les scénarios de transmission et de passage de relais (opinions publiques, ONG, administrations, diplomates, délégués aux réunions annuelles du Traité sur l’Antarctique)

PLANNING

Cycle de conférences du 21.01 au 11.02 (ouvert à tous les étudiants de mastère 2)

La création est un langage dont nous sommes les interprètes. Pour éclairer les étudiants et donner toute sa portée et sa légitimité au projet, un cycle de conférences est organisé, convoquant des points de vue différents au sens de parties prenantes. Faire converger des points de vue divergents.

21.01.2026

Antarctique, une utopie réalisée
par Anne Choquet, chercheure en droit à l’Institut Universitaire Européen de la Mer

La science au coeur de l’idéal polaire
par Yan Ropert-Coudert, directeur de recherche au CNRS, ancien directeur de l’Institut polaire français
28.01.2026

Traverser l’Antarctique en solitaire et en intégrale
par Laurence de la Ferrière, première français à avoir relié en solitaire le pôle Sud géographique et première femme à avoir traversé l’Antarctique en intégrale et en solo

Un espace dédié à la Nature et à la Paix. Oui mais jusqu’à quand ?
par Laurent Mayet, ancien représentant spécial pour les affaires polaires au ministère des Affaires étrangères, chargé de mission ministérielle pour les enjeux polaires au ministère de l’Éducation nationale.
11.02.2026

De l’Antarctique à l’espace extra-atmosphérique
par Thomas Leclerc, Maître de conférences en droit public à l’université de Bretagne occidentale

Sauver l’Antarctique
par Ricardo Roura, Senior campainer Antarctic Southern Oscillation Coalition (ASOC)

Workshop du 23 au 27.02.2026 de 10h à 13h et de 14h à 17h

Design de l’emblème et des éléments de communication

Restitution 11.03.2026